Pourquoi vous devriez admettre quand vous avez tort.

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Pourquoi vous devriez admettre quand vous avez tort.

Se tromper de chemin

Est-ce que vous avez déjà pensé à admettre quand vous avez tort ? Imaginons : vous êtes en plein milieu d’une discussion, vous défendez votre point de vue et vous tenez fermement vos positions. Vous êtes même convaincu que vous avez raison ! Pourtant, votre interlocuteur avance des arguments de plus en plus convaincants… Si vous êtes (un peu) curieux(se), vous allez vérifier sur internet et là, “c’est le drame”, vous vous rendez compte que vous avez eu tort…

Mais peu importe. Il n’y a aucune possibilité que vous l’admettiez. Il est hors de question de perdre la face, et puis… Ça ferait trop plaisir à la personne qui vous contredit. 

Cette situation vous dit quelque chose ? C’est normal, je pense pouvoir dire sans trop me tromper qu’on l’a tous vécu un jour ou l’autre. 

 

 

PARTIE 1 : Pourquoi refuse-t-on d’admettre quand on a tort ?

 

L’égo :

L’égo ou, la représentation et la conscience que l’on a de soi même a la fâcheuse tendance à nous impliquer dans des raisonnements irrationnels. Lorsqu’on a tort, c’est notamment lui (l’égo) qui nous bloque quant au fait de le reconnaître. Il s’agit d’un mécanisme (totalement naturel au demeurant) tellement fort qu’il arrive même que l’on reste persuadé d’avoir raison. Même quand tous les éléments prouvent le contraire.

Dans l’article que j’ai écris au sujet de la critique, j’aborde notamment le sujet de ce besoin si important à nos yeux de nous sentir valorisé. À tel point qu’on en vient à critiquer ceux que l’on juge “mieux que nous” sur tel ou tel point. La valorisation de soi par la dévalorisation de l’autre. N’hésitez pas à consulter l’article pour plus de détails.

Admettre qu’on a tort, que ce soit publiquement ou de manière intime (avec nul autre que soi-même) revient à l’idée de se dévaloriser. Même à nos propres yeux. En tous cas, c’est ce que l’on pense. C’est d’ailleurs se heurter à une mauvaise image de soi d’après la psychologue sociale américaine Carol Tavris. Instinctivement donc, notre égo nous pousse à camper sur nos positions pour éviter de se sentir inférieur, d’autant plus si c’est en public.  

La mauvaise image de soi

Notre instinct prévaut sur la raison : 

Avant de passer au point suivant, j’aimerais aller plus loin sur ce concept d’instinct. J’aime souvent évoquer nos origines, comment les centaines de milliers d’années d’évolution de l’homme conditionnent notre fonctionnement et permettent d’expliquer nos réactions.
Comme le souligne très justement Idriss Aberkane dans son livre “Libérez votre cerveau” (que je recommande chaudement), fût un temps où avoir raison n’était pas le plus important. Ce qui importait était de faire partie d’un groupe pour pouvoir survivre. Entre avoir raison mais par conséquent être exclu du groupe ce qui signifiait la mort bien entendu et avoir tort mais ainsi maintenir une certaine cohésion sociale, le décision était vite prise. 

Je veux en venir au fait que avoir raison n’est pas le plus important à nos yeux. Survivre pour nos ancêtre ou ne pas perdre la face (et donc ne pas être exclu du groupe) pour nous sont plus important que d’admettre qu’on a tort

Le principe de cohérence 

J’ai déjà évoqué plusieurs fois le principe de cohérence. Une partie y est notamment dédiée dans le guide gratuit que je propose sur ce site (que vous pouvez télécharger via les formulaires sur la droite de l’article ou à la fin 😉 ). 

En bref : Le principe de cohérence a été développé par Robert Cialdini dans son best seller Influences et Manipulations. Une fois que l’on s’est engagé dans une position, pris une décision ou atteint un certain degré d’engagement, on fait en sorte de se conforter dans l’idée que c’était effectivement la meilleure chose à faire. 

Lorsque l’on a tort et qu’on ne veut pas l’admettre, surtout dans une situation de “conflit” ou de “compétition” avec un interlocuteur, on a tendance à se conforter dans l’idée qu’on a réellement raison

La dissonance cognitive

La dissonance cognitive est un phénomène se produisant lorsque nos pensées, croyances ou émotions entrent en conflit avec un nouvel élément jusqu’alors inconnu (voire inconcevable). On entre dans une phase de tension interne inconfortable appelée dissonance. Cette tension ne peut s’éliminer qu’en acceptant ce nouvel élément ou en le rejetant définitivement.

Ce n’est pas tout à fait clair ? Voici un exemple qu’Idriss Aberkane développe dans son livre lorsqu’il parle de la dissonance cognitive vécue par les scientifiques : 

Sous la IIIe République, l’école française enseignait la nage au tabouret. On utilisait pour apprendre des machines, des appareils, sans jamais aller dans l’eau. Imaginez que l’on établisse un système de permis de nage, avec épreuves théoriques et mécaniques obligatoires. Imaginez un moniteur de ce permis rencontrant un enfant d’Amazonie ou des Caraïbes qui aurait, lui, appris à nager en se jetant à l’eau. Comment régirait cet homme ? Il passerait par toutes les étapes de la dissonance cognitive et chercherait probablement une explication fantaisie pour maintenir le système de pensée sur lequel il a bâti toute sa vie. Son explication se trouverait quelque part entre “cet enfant est un cas particulier”, “cet enfant a été formé à la nage sur tabouret mais il nous le cache” et “cet enfant n’existe pas !”. C’est une déformation professionnelle bien connue des scientifiques: si je l’ignore, ça n’existe pas, et si ça n’existe pas, ça ne peut pas exister.

Idriss Aberkane, Libérez votre cerveau

Se rendre compte que l’on a tort et ne pas l’admettre est un exemple de dissonance cognitive. Dans ces moments là, il est beaucoup plus facile pour notre cerveau de rejeter ce nouvel élément plutôt que de l’accepter et devoir réviser tout un système de pensée.

Enfant nageant dans l'eau

Donner raison à l’autre

L’une des raisons qui nous pousse à recourir à la critique est de dévaloriser l’autre afin de se valoriser soi-même. Instinctivement, nos réactions sont également calibrées pour aller en ce sens. Eviter de se dévaloriser (voir la partie sur l’ego plus haut), mais dévaloriser l’autre si besoin. 

Admettre que l’on a tort est donc totalement contre-intuitif ! Car en plus de se dévaloriser (enfin, c’est ce que l’on croit 😉 ), on donne raison à l’autre par la même occasion !

Je ne vais pas revenir sur le sujet de l’égo qui a été traité ci-dessus. Je tenais cependant à noter ce dernier point. Beaucoup d’éléments nous poussent à ne jamais admettre que l’on a tort. Mais alors, qu’est ce qu’on a à y gagner me direz vous ? Je suis ravi que vous posiez la question, car c’est le sujet de la partie 2 de cet article ! 

 

 

PARTIE 2 : Ce que vous allez gagner à enfin admettre vos torts

 

Vous gagnez en crédibilité ! 

Oui, vous allez gagner en crédibilité si vous admettez vos torts lorsque vous vous êtes effectivement trompé. Cela paraît contre-intuitif non ? La raison en est pourtant simple : 

-> On détecte la fiabilité et l’honnêteté d’une personne lorsqu’elle reconnait et assume ses erreurs, pas l’inverse ! 

Si à chaque fois que vous avez tort vous ne voulez pas le reconnaitre, les gens vont s’en rendre compte. L’inverse de l’effet désiré à savoir : se valoriser, ne pas être exclu du groupe, passer pour quelqu’un de supérieur aux autres, se produira. Si au contraire vous admettez vos erreurs, vous vous positionnez comme une personne de confiance sur qui l’on peut compter

Bien entendu, procéder de cette manière est une preuve de maturité et de sérieux. Ce qui est toujours bon à prendre. 

Enfin, si vous êtes quelqu’un qui est connu pour admettre quand il a tort, votre opinion a d’autant plus de poids et de valeur lorsque vous avez raison ! Ce qui est bien pratique quand vous voulez le faire comprendre aux autres !

Vous coupez court au sujet de discorde 

Lorsque vous n’êtes pas d’accord avec votre interlocuteur et que chacun défend son point de vue, la discussion peut rapidement tourner en rond. Vous êtes tous les deux sur la défensive et plus rien n’avance. De par les mécanismes que nous avons vu plus haut (notamment le principe de cohérence), la conversation entre dans un cercle vicieux qui peut résulter par une fin pure et simple de la discussion. 

Admettre que vous avez tort c’est aussi mettre fin au sujet de discorde. En plus d’être bénéfique pour la conversation et pour votre image, vous sortez de ce cercle vicieux pour orienter la discussion sur d’autres sujets. 

Dans une démarche commerciale par exemple (ou tout type de négociation que vous pourriez avoir dans votre quotidien… 😉 ) donner raison à l’autre sur un certain point peut vous permettre d’aller là où vous le souhaitez (comme l’objet de la vente). Si l’on y regarde de plus près, beaucoup de nos échanges avec nos proches et notre entourage peut être assimilé à de la négociation. Un article complet sera consacré d’ici peu à ces derniers mots. Reconnaitre ses erreurs est un excellent outil de négociation. 

Homme serrant la main

L’ouverture de la discussion (et d’esprit… ?) :

J’ai expliqué à plusieurs reprises sur ce blog l’importance d’avoir l’esprit ouvert. J’explique tout ce que cela peut vous apporter, notamment dans l’article Comment devenir une personne intéressante. Une partie y est également consacrée dans le livre que vous pouvez obtenir en quelques clics sur votre droite ou à la fin de l’article 😉 . 

Admettre vos torts, c’est également avoir l’esprit ouvert. C’est la preuve d’une posture positive et cela démontre que vous n’avez pas les idées arrêtées. Pour rappel, l’un des pires obstacles à la communication est justement le fait d’être complètement fermé(e) à de nouvelles informations/idées/opinion etc. Admettre ses torts est donc un excellent moteur à conversations enrichissantes et vous prouvez à vos interlocuteurs que vous évoluez sans cesse. 

Rappelez vous les fois où vous avez eu affaire à quelqu’un qui ne voulait rien entendre d’autre que la validation de ses propres idées. Il n’y a rien de plus agaçant n’est ce pas ? La conversation se trouve bien plus ouverte et fertile lorsque les interlocuteurs sont prêts à accepter les idées de l’autre. Elle l’est encore plus lorsque l’on reconnaît ses erreurs ou que l’on s’est trompé. 

 

Vous vous enrichissez personnellement ! 

Le développement personnel occupant une place importante dans ma vie, je me devais d’en parler ! Surtout au vu du sujet qu’on traite aujourd’hui ! 

L’erreur est un excellent moyen d’apprendre. “L’apprentissage par l’erreur” ou “l’essai-erreur” sont notamment des termes dont vous devez avoir entendu parlé. Ils sont au coeur de tout processus d’apprentissage. Si à un moment de votre vie vous vous êtes lancé(e) dans une discipline que vous ne maîtrisiez absolument pas, vous vous êtes forcément enrichi(e) suite à vos erreurs. Et c’est normal ! 

De la même manière qu’un enfant tombe quand il apprend à marcher, vous apprenez dans n’importe quel domaine que ce soit lorsque vous vous trompez. Mais, encore faut-il le reconnaître ! Et c’est là tout le sujet. Vous n’imaginez pas à quel point vous allez adorer vous tromper maintenant que vous savez qu’il faut l’admettre quand c’est le cas ! :p Car une fois cette étape passée, il ne tiendra plus qu’à vous de vous renseigner sur le sujet pour en apprendre plus. Et puis comme dit ce grand proverbe franco-français : Vous vous coucherez moins bête. 

 

Bonus : La valorisation de l’autre

Vous y êtes maintenant habitué et cet article ne fera pas exception… Voici le bonus hebdomadaire ! A chaque fin d’article, j’aime donner un petit bonus en lien avec le sujet traité mais qui sort un peu des sentiers battus. 

J’ai traité dans cet article et celui ci du besoin d’estime et de se sentir valorisé que toute personne a. J’ai remarqué quelque chose dans mes échanges avec les autres lorsque j’admets que j’ai tort et donc (généralement) que l’autre a raison. Ils tirent une certaine satisfaction de savoir qu’ils ont raison mais surtout, que je le reconnaisse. 

Le mécanisme est facilement identifiable : ils se sentent valorisés. Leurs besoin d’estime est assouvis.  Et il n’y a rien de tel pour améliorer ses relations et se faire des amis, que de faire ressentir aux autres le sentiment de leur propre importance. (Je cite ici Dale Carnegie). Car on adore les personnes auprès desquelles on se sent valorisé. L’avantage qu’il y a à reconnaître son tort, c’est qu’il ne s’agit pas de flatterie mal placée ou d’un traditionnel “léchage de bottes”. C’est donc un moyen de gagner la sympathie d’une manière naturelle et spontanée. 

Croyez moi, c’est une arme redoutable en termes de communication interpersonnelle. 

 

C’est la fin de cet article. J’espère qu’il vous a plu, et qu’il vous sera utile. N’hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé. Si vous avez des remarques ou que vous n’êtes pas d’accord, faites le moi savoir ! Le partage et l’échange sont les clés pour avancer ensemble 🙂 

 

Recherches utilisées pour trouver cet article :

Admettre qu’on a tort, reconnaître qu’on a tort, reconnaître ses torts, erreur, se tromper, je n’aime pas me tromper, reconnaitre ses erreurs

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2 réponses

  1. Arthur DP dit :

    Comme on dit, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis.
    Il faut être capable de prendre du recul et de faire la part des choses. L’important est de rechercher une relation gagnant-gagnant dans une relation. Pas d’écraser l’autre en imposant coûte que coûte sa vision.
    J’aime débattre et je change souvent d’avis au cours d’une discussion 😉

    • Guillaume Jouvencel dit :

      Bonjour Arthur !

      100% d’accord avec toi ! Rester ancré dans son avis et son opinion sans chercher à évoluer est dommage, voire dangereux.
      Hâte de débattre avec toi dans ce cas ! 😀

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